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Fin de la trêve hivernale: les associations dénoncent une situation dramatique

Paris (AFP) Mardi 31 Mars 2015

Photo prise le 23 février 2007 de l'un des bâtiments du fort de Nogent, qui abrite un Centre d’hébergement d’urgence de l’Armée du salut à Fontenay-sous-Bois (AFP/Archives-Mehdi Fedouach)

"Bricolage", "maltraitance", "situation dramatique et absurde", des associations d'aide aux sans-abri ont exprimé leur "colère" mardi, face à la fin de la trêve des expulsions locatives et la fermeture de nombreuses places d'hébergement hivernales pour les sans-abri.

Au même moment, les travailleurs sociaux et les écoutants des 115 (numéros d'urgence pour SDF) de Paris, de Seine-Saint-Denis et du Val-d'Oise, ont décidé de se mettre en grève quelques heures pour protester eux aussi contre "la fermeture de places hivernales et l'absence de réponse positive à donner aux personnes sans abri", refusant de "faire le tri entre les populations les plus fragiles".

"Le 31 mars, c'est un triste marronnier (événement qui revient chaque année ndlr). Nous sommes toujours dans cette situation dramatique et absurde" de la remise à la rue de sans-abri, a déploré Florent Gueguen, de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars), lors d'une conférence de presse.

Photo prise en 2002 à Paris d'une façade d'immeuble haussmannien (AFP/Archives-Boyan Topaloff)

"La situation est particulièrement tendue en Ile-de-France", où 800 fermetures sont prévues d'ici fin juin, a-t-il précisé, "alors que chacun sait que la population sans-abri augmente fortement à Paris", et que le 115 est saturé.

Ainsi, le fort de Nogent ouvert pendant l'hiver pour héberger 120 SDF fermait ses portes mardi soir, une fermeture "précipitée" selon Perrine Dubois, de l'Armée du Salut.

Cela va entraîner "plusieurs remises à la rue" ou "des solutions de relogement indignes", a-t-elle expliqué, comme des places dans un centre redouté par les sans-abri pour ses grands dortoirs, ses problèmes de promiscuité et de violence. "La plupart préfèreront se réinstaller au bois de Vincennes", a ajouté Florent Gueguen.

- Plan d'urgence -

"C'est de l'impréparation criante, un manque d'anticipation de l'Etat", résume Mme Dubois.

Des SDF devant la banderole de l'association Droit au logement (DAL) dans un camp d'hébergement place de la République le 26 novembre 2013 (AFP/Archives-Pierre Andrieu)

Emmaüs Solidarité, qui gère un autre centre d'hébergement temporaire devant fermer fin mai, s'est vu demander "d'accueillir en urgence" une vingtaine de SDF du Fort de Nogent, a ajouté son directeur général Bruno Morel.

Malgré "l'effort" du ministère du Logement qui a annoncé une semaine plus tôt la création de 2.000 places d'hébergement pérennes supplémentaires, "l'engagement de mettre fin à la gestion au thermomètre n'est pas tenu", ont déploré les associations.

Ces remises à la rue interviennent en même temps que la fin de la trêve des expulsions locatives, qui va redonner "la peur au ventre" à des milliers de familles, a souligné Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, dénonçant "l'échec des politiques publiques de prévention. Les associations en ont par dessus la tête de ce bricolage".

Face à cette "incohérence totale", l'association Droit au logement (DAL) a installé mardi un campement de personnes mal-logées ou sans-abri sur la place de la République à Paris.

"On demande un plan d'urgence de 100.000 logements, dont la moitié en Ile-de-France, pour sortir les gens de la rue. Il faut mobiliser les biens publics vacants et si besoin réquisitionner", a déclaré sur place son porte-parole Jean-Baptiste Eyraud.

"Nous voulons rencontrer la maire de Paris Anne Hidalgo et la ministre du Logement Sylvia Pinel. Si ces rendez-vous sont calés, on suspendra le mouvement, sinon on le maintiendra", ajoute-t-il, tandis que des militants accrochent une bâche reliant deux arbres, en scandant: "On reste ici, on bouge pas".

Sylvia Pinel a annoncé le lancement d'un appel "à projets visant à créer des logements très sociaux, à des niveaux de loyer et de charges inférieurs à ceux pratiqués dans le parc social", dans un communiqué diffusé après avoir visité un centre d'hébergement.

La ministre a aussi promis la parution dans les prochains mois de deux décrets mettant en oeuvre "une charte de prévention des expulsions" et le maintien des aides personnalisées au logement, en cas d'impayés de loyers, "pour les allocataires de bonne foi".

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