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Le pape François en Turquie en défenseur du dialogue entre religions

Ankara (AFP) Vendredi 28 Novembre 2014

Le pape François et le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 28 novembre 2014 à Ankara (AFP-Filippo Monteforte)

Le pape François est arrivé vendredi à Ankara pour sa première visite dans une Turquie musulmane mais officiellement laïque, avec la volonté d'y défendre le dialogue avec l'islam mais aussi les chrétiens menacés par les jihadistes dans l'Irak et la Syrie en guerre.

Point d'orgue politique de son séjour de trois jours, le souverain pontife est attendu dès son arrivée par le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, homme fort du pays depuis plus de onze ans, qui doit le recevoir dans son nouveau, luxueux et très controversé palais en banlieue de la capitale.

Huit ans après son prédécesseur, la pape argentin Jorge Bergoglio doit visiter les mêmes lieux chargés de symboles que Benoît XVI, du mausolée d'Atatürk vendredi à l'ancienne basilique byzantine Sainte-Sophie devenue musée et la Mosquée bleue samedi à Istanbul, mais dans un climat nettement plus apaisé.

Le pape François au mausolée d'Atatürk, à Ankara, le 28 novembre 2014 (AFP-Stringer)

En 2006, la visite du pape allemand avait été empoisonnée par des propos controversés tenus trois mois plus tôt, où il semblait faire un lien entre islam et violence.

Les relations entre islam et christianisme se sont apaisées depuis mais le gouvernement turc semble en attendre un peu plus du souverain pontife, à l'heure de la guerre engagée par les Occidentaux contre les jihadistes aux frontières de la Turquie.

Selon le quotidien Hürriyet, M. Erdogan entend dénoncer devant le souverain pontife la montée de l'islamophobie suscitée par les exactions du groupe Etat islamique (EI) et souligner que "le monde chrétien a également sa part de responsabilité dans l'émergence d'organisations comme l'EI et al-Qaïda".

Plus politique, l'éditorialiste du journal Milliyet Sami Kohen a lui souhaité que la visite du pape soit l'occasion pour le régime turc de "condamner sans ambiguïté" le terrorisme et de "donner une meilleure image de la Turquie".

Depuis qu'il dirige sans partage le pays, M. Erdogan, un pieu musulman, se présente volontiers en protecteur des religions mais il est régulièrement accusé par ses détracteurs de vouloir "islamiser" la République laïque turque fondée en 1923.

Le pape François et le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 28 novembre 2014 à Ankara (AFP-Filippo Monteforte)

Sa politique syrienne, marquée par le refus de venir en aide aux Kurdes de Syrie face aux jihadistes, est également très critiquée par ses alliés, qui lui reprochent d'avoir longtemps soutenu les adversaires les plus radicaux du régime de Damas, sa bête noire.

- Réfugiés -

En retour, le pape François doit réaffirmer la nécessité d'une "solution régionale et globale" pour la paix au Moyen-Orient, mais pas d'une "solution unilatérale imposée par la force", a déclaré le numéro deux du Saint-Siège, le secrétaire d'Etat Pietro Parolin, à la chaîne de télévision du Vatican CTV.

Mais il doit aussi dénoncer les "appuis" politiques et économiques "que l'EI continue de recevoir" et "insistent sur le droit au retour" des réfugiés --2 millions en Turquie-- "dans leur patrie, leur maison, leurs terres", selon le cardinal Parolin.

Le pape François et le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 28 novembre 2014 à Ankara (AFP-Filippo Monteforte)

Selon l'agence spécialisée sur le Vatican I.Media, le pape devrait d'ailleurs profiter de son passage à Istanbul pour y rencontrer des réfugiés irakiens et syriens. Un geste attendu depuis qu'il a exprimé cet été son désir de soutenir au Kurdistan irakien les chrétiens, orthodoxes et catholiques confondus, qui fuient la poussée jihadiste.

Dans l'avion qui l'emmenait à Ankara, le pape a rendu hommage à l'effort turc en faveur des réfugiés. "La Turquie apporte beaucoup d 'aide à tant de réfugiés", a-t-il dit.

Un message de soutien est également attendu pour tous les chrétiens de Turquie, une minuscule communauté de 80.000 personnes au milieu d'un océan de plus de 75 millions de musulmans, en majorité sunnites.

Comme c'est désormais la norme dans chacun des pays qu'il traverse, la visite du pape se déroule sous très haute sécurité.

Même si le Vatican n'a évoqué aucune menace spécifique, près de 3.000 policiers ont été mobilisés à Ankara et au moins 7.000 autres le seront à Istanbul samedi et dimanche.

Le pape François dans l'avion le menant à Ankara, le 28 novembre 2014 (POOL/AFP-Alessandro Di Meo)

Des quartiers entiers de la plus grande ville de Turquie doivent être fermés au public, notamment dans le quartier de Sultanahmet siège de Sainte-Sophie et de la Mosquée bleue, ainsi qu'autour de la cathédrale du Saint-Esprit où il doit célébrer une messe samedi.

Dans la partie plus religieuse de son séjour, François compte réduire encore la fracture avec les orthodoxes née du schisme de 1054. Il doit notamment signer une déclaration avec plus prestigieux de ses chefs, le patriarche Bartholomée.

"Un moment intense pour renforcer le chemin oecuménique non seulement avec l'Eglise de Constantinople mais avec toutes les Eglises orthodoxes", a espéré le cardinal Parolin.

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