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"Peut mieux faire": de plus en plus de sites pour évaluer son employeur

Paris (AFP) Jeudi 26 Mars 2015

Des employés travaillent dans un open-space, le 13 mars 2013 à Washington (AFP/Archives-Mandel Ngan)

"Bonne ambiance entre collègues", mais "beaucoup de bruit" et de "stress" chez McDonald's, horaires "pas vraiment convenables pour tout le monde" mais "rencontres intéressantes" à la SNCF: de plus en plus de sites permettent aux salariés d'évaluer leur employeur.

Déjà bien connu outre-Atlantique, Glassdoor lancé en 2008 aux Etats-Unis, est arrivé en octobre dans l'Hexagone. A la manière de TripAdvisor, qui note hôtels ou restaurants, il permet cette fois de jauger les employeurs.

Le site "se développe très rapidement", selon son porte-parole Joe Wiggins. Depuis son lancement en France, Glassdoor.fr a notamment recueilli "environ un million de visiteurs", dit-il à l'AFP.

Bâtie sur le même modèle partout dans le monde, la plateforme permet de publier anonymement des informations sur les salaires, de faire des commentaires sur l'entreprise, de décrire les entretiens d'embauche ou d'accéder à des offres d'emploi. "Ce sont les informations que tout le monde veut avoir", dit le porte-parole de Glassdoor. Sur les salaires notamment, seul un employeur sur cinq informe en interne et 10% en externe, alors qu'il y a une forte demande.

"Tout est modéré" avant parution et "nous traquons les fausses contributions", précise M. Wiggins. "Le contenu doit être fiable, c'est un élément très important pour la crédibilité du site".

- 'Les commentaires disaient vrai' -

D'autres sont sur le même créneau, comme Dinojob.com ou meilleures-entreprises.com. Ce dernier, a été créé en 2011 avec l'idée de "présenter aux candidats et salariés une information plus authentique sur les entreprises", explique son fondateur, Laurent Labbé.

Ancien DRH d'une filiale de l'Oréal, il y voit un gain de temps pour les salariés comme pour les employeurs. Le site, géré par dix personnes, compte quelque 210.000 contributeurs et 4.100 entreprises ayant un avis ou des éléments sur les salaires.

Clémentine, une cadre trentenaire, confirme à l'AFP s'être déjà renseignée ainsi. Au moment de changer d'employeur, elle n'était "pas très convaincue de la boîte et de son caractère social, de ses valeurs", mais avait envie "de mettre un beau logo" sur son CV.

Les commentaires sur l'entreprise "n'étaient pas top", dit-elle, ce qui ne l'a pas empêchée d'y aller "mais avec les possibles dysfonctionnements à l'esprit". Et en effet, dit-elle, "les commentaires disaient vrai et mes craintes se sont avérées fondées".

Aujourd'hui, dit-elle, "si je devais changer, je consulterais certainement ce type de site" et "en fonction du nombre de commentaires, je serais peut être plus ouverte aux retours".

Du côté des employeurs, M. Wiggins reconnaît quelques réticences.

"La première réaction de certaines entreprises est d'avoir peur parce qu'elles voient cela comme une menace, mais beaucoup acceptent cette transparence", dit-il.

Pour preuve, "aux Etats-Unis et au Royaume Uni, il y a même des PDG qui répondent aux commentaires". Et en France, plus de 200 entreprises se sont inscrites pour pouvoir les lire et y répondre.

Il souligne qu'alors qu'"on pense souvent qu'il y a plus de commentaires négatifs que positifs, ce n'est pas le cas. En réalité, la note moyenne des entreprises sur Glassdoor est de 3,2 sur une échelle de 5, donc au-dessus de la moyenne".

Glassdoor a environ 400 employés, aucun en France pour l'heure, les commentaires étant modérés depuis les Etats-Unis.

De son côté, Jérémie Frandji gère seul et sur son temps personnel le site "lejustesalaire.com" depuis 2009.

Cadre dans une grande entreprise, il modère chaque avis avant diffusion, retirant notamment toute injure, tout nom propre, et gardant les critiques "tant que cela reste courtois".

Il revendique "4 à 5.000 visiteurs par jours" actuellement et "5 ou 6.000 entreprises référencées". Pour avoir accès aux informations, les internautes doivent eux-mêmes en fournir.

"Depuis 2009, une dizaine d'entreprises m'ont contacté pour me demander de retirer des données", dit-il. D'autres ont toutefois eu quelques problèmes avec des employeurs. Selon M. Labbé, le site "Note ton entreprise", utilisé notamment par la jeune cadre Clémentine, a disparu parce qu'ils ne modéraient pas les commentaires avant diffusion.

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