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Rentrée pour 12 millions d'élèves, les nouveaux rythmes sous les projecteurs

Paris (AFP) Mardi 02 Septembre 2014

Premier jour d'école dans une maternelle à Lyon, le 2 septembre 2014 (AFP-Jeff Pachoud)

De la maternelle au lycée, plus de 12 millions d'élèves ont retrouvé mardi leurs camarades, dans la joie et parfois le stress, tandis que leurs parents discutaient de la réforme controversée des rythmes scolaires.

"Mon cartable était prêt depuis longtemps, j'en pouvais plus d'attendre!", dit Leila-Marie, en CE2 à Clermont-Ferrand. 0céane, 12 ans et scolarisée dans le privé à Toulouse, sort en larmes: "Je ne suis pas dans la même classe que mes copines!"

Cette rentrée est marquée par plusieurs milliers de créations de postes de professeurs mais aussi par l'afflux de dizaines de milliers d'élèves supplémentaires. A Grenoble comme à Marseille, chefs d'établissement ou parents déplorent des classes "surchargées".

La rentrée scolaire 2014-2015 (AFP-K. Tian/A.Bommenel)

Sur l'île bretonne de Houat au contraire, l'école n'accueille que deux élèves, en CP. Lou et Martin "ont le même niveau, toute la difficulté pour moi sera de les rendre autonomes, de ne pas être toujours sur leur dos", explique leur instituteur.

Partout ailleurs, les conversations ont porté sur les nouveaux rythmes scolaires, lancés en 2013 dans quelques villes pionnières et généralisés cette rentrée dans toutes les écoles publiques. La réforme instaure une cinquième matinée de classe, généralement le mercredi, et préconise des activités périscolaires à la charge des communes.

Ces dernières, facultatives, provoquent la fronde de maires qui critiquent leur coût (partiellement pris en charge par l'Etat et les Caisses d'allocations familiales) et les difficultés d'organisation.

Au point d'occulter l'objectif de l'abandon de la semaine de quatre jours, pourtant consensuel avant le lancement de la réforme: un enseignement plus efficace grâce à une meilleure répartition du temps scolaire.

Jean-Claude Gaudin le 2 septembre 2014 dans une école primaire de Marseille (AFP-Anne-Christine Poujoulat)

Le maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin a été pris à partie par des parents. Les activités périscolaires se mettront en place dans quelques semaines, le temps de trouver des animateurs, dit-il. "Vous aviez le temps" de les organiser, lui reproche un père. "Occupez-vous aussi de vos enfants", rétorque Jean-Claude Gaudin.

- Portes cadenassées ou sans poignée -

A Yerres (Essonne), c'est aussi la confusion. "On a reçu beaucoup de communications différentes", déplore une mère. "Les professeurs seront présents" mercredi, même si le directeur suppose "que l'école sera fermée", racontent des parents.

Mercredi sera une journée test: quelques maires - entre 20 et 30 sur 24.000 concernés selon le gouvernement - ont prévu de cadenasser les grilles des écoles, en région parisienne, ou d'enlever les poignées pour empêcher l'accès aux classes (dans la Loire).

François Hollande (d) et la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem (g) au collège Louise-Michel de Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, le 2 septembre 2014 (AFP-Etienne Laurent)

"Nous ferons en sorte que le tribunal administratif puisse leur enjoindre d'ouvrir l'école", a prévenu mardi la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem.

"L'école est obligatoire", "quand on se met en infraction à la loi, il y a des sanctions qui tombent", avait-elle déjà dit, assurant toutefois que, malgré des "frottements ici ou là", "les choses devraient bien se passer."

"Si vous commencez à expliquer à vos enfants qu'on n'applique pas la règle de la République, alors on ne vit plus en société", a abondé le maire de Lille, Martine Aubry.

A Clermont-Ferrand, la réforme était déjà en place. "L'organisation familiale s'est compliquée", regrette Geneviève, qui travaille le samedi mais pas le mercredi et voit sa fille "beaucoup moins".

A l'école de la Goutte d'or, dans un quartier populaire de Paris, les parents de Manel et Ilies sont contents des activités proposées depuis 2013. "Le mercredi, ils sont moins fatigués qu'ils ne l'étaient au centre de loisirs".

François Hollande et sa ministre ont fait leur rentrée dans un collège flambant neuf de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où le chef de l'Etat a annoncé "un grand plan numérique pour l'école".

Cette rentrée voit aussi l'arrivée d'enseignants de nouveau formés et la relance de l'éducation prioritaire. Parmi les chantiers potentiellement polémiques: la réforme de l'évaluation des élèves et l'éducation à l’égalité fille-garçon.

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