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Rythmes scolaires: premier mercredi de classe pour des millions d'écoliers

Paris (AFP) Mercredi 03 Septembre 2014

Un élève d'une école primaire le jour de la rentrée scolaire le 2 septembre 2014 à Paris (AFP-Fred Dufour)

Des millions d'écoliers doivent pour la première fois aller en classe mercredi matin dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, une obligation à laquelle menacent de se soustraire quelques parents et quelques dizaines de maires.

Cette réforme, qui chamboule les habitudes horaires des enfants, parents et professeurs des écoles, rétablit la cinquième matinée de classe supprimée par la droite en 2008, généralement le mercredi matin, quelquefois le samedi. Elle vise à mieux distribuer les 24 heures de classe hebdomadaire et introduit des activités périscolaires facultatives, à la charge des communes.

En septembre 2013, 4.000 communes s'y sont mis. La réforme est devenue obligatoire cette semaine pour 4,6 millions d'écoliers dans les 20.000 communes restantes possédant au moins une école publique.

Rentrée scolaire le 2 septembre 2014 dans une école primaire à Lyon (AFP-Jeff Pachoud)

Certains des maires qui avaient combattu la réforme l'appliquent finalement, comme l'ex-président de l'UMP Jean-François Copé à Meaux (Seine-et-Marne). D'autres menacent de ne pas ouvrir les écoles mercredi, entre 20 et 30 selon la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem.

Parmi eux, les édiles de quinze communes de l'Essonne et du Val-de-Marne, qui prévoient aussi de manifester mercredi à Evry. Ils mettent en avant "l’extrême difficulté" selon eux "à recruter des animateurs qualifiés capables de garantir une sécurité absolue pour nos enfants". Le député-maire de Yerres (Essonne) Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout La République (DLR), a appelé à cadenasser les écoles.

Dans la Loire, plusieurs élus font aussi de la résistance, comme Evelyne Flacher à Saint-Médard-en-Forez, qui compte retirer symboliquement mercredi matin la poignée de la porte d’entrée de l’école primaire.

Parallèlement, des parents du collectif des Gilets jaunes, très actifs sur les réseaux sociaux mais qui n'ont jamais mobilisé massivement dans leurs manifestations, appellent à boycotter l'école mercredi.

- Discours de fermeté -

Face aux résistances d'élus et de parents, Mme Vallaud-Belkacem et le Premier ministre Manuel Valls ont tenu un discours de fermeté.

La ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacema s'entretient avec une mère d'élève le 2 septembre 2014 au collège Louise Michel à Clichy-sous-Bois (Pool/AFP-Etienne Laurent)

L'école "n'est pas une option, elle est obligatoire", a rappelé la ministre. Et "quand on se met en infraction à la loi, il y a des sanctions qui tombent". Le cas échéant, les préfets se substitueront aux élus pour ouvrir les écoles, a-t-elle mis en garde. "Est-ce que vous imaginez des enfants qui, du fait de la résistance ou de la mauvaise volonté de certains élus locaux, rateraient les premières heures de leur apprentissage de la lecture, de l'écriture ou du calcul? Où est-on?".

"Nous ne le faisons pas par caprice, nous le faisons dans l'intérêt des enfants. Tout démontre que les enfants apprennent mieux avec cinq matinées qu'avec quatre", a-t-elle souligné.

Le maire PS de Lille Martine Aubry abonde: "Si vous commencez à expliquer à vos enfants qu'on n'applique pas la règle de la République, alors on ne vit plus en société".

La réforme des rythmes, prévue depuis deux ans, modifie les horaires des écoliers mais aussi ceux de leurs parents et de leurs enseignants et affecte par ricochet beaucoup d'autres adultes qui prenaient en charge les enfants le mercredi matin dans les associations, les conservatoires ou encore au catéchisme.

Dans certaines communes, il y a bien école le matin et centre aéré l'après-midi, mais pas de cantine entre les deux, ce qui génère un casse-tête pour les parents qui travaillent. Les nouvelles activités périscolaires, facultatives, sont partiellement mais pas totalement financées par des aides de l'Etat et de la CAF, qui ne sont pas pérennisées.

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