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Synode sur la famille: les catholiques français divisés

Paris (AFP) Mardi 21 Octobre 2014

Le pape François préside le synode extraordinaire sur la famille le 6 octobre 2014 au Vatican (AFP/Archives-Osservatore Romano)

Bonne nouvelle pour les uns, "bouleversement inquiétant" pour les autres. Les catholiques français sont très divisés face au discours du pape François sur la famille, relève Philippe Portier, directeur du laboratoire de recherches "Groupe sociétés, religions, laïcités" (CNRS, Ecole pratique des hautes études).

QUESTION: Un synode sur la famille, traversé par de vives discussions sur l'accueil des homosexuels et des divorcés remariés, s'est conclu samedi sans accord sur ces questions. Comment ce synode a-t-il été perçu par les catholiques français?

REPONSE: "Il y a un très fort consensus sur le fait que les choses sont en train de bouger.

Les catholiques ont bien compris que le synode ne visait pas à modifier explicitement la doctrine: le mariage indissoluble entre un homme et une femme reste la norme.

Mais ils ont tous ressenti qu'en touchant à la pastorale, à l'accueil des différences à l'intérieur de l'Eglise, on touche tout de même à la doctrine. Si vous dîtes, comme le pape, vouloir accueillir des couples homosexuels dans une position d'écoute, vous affaiblissez ce que la doctrine a de ferme.

Les catholiques d'ouverture considèrent que c'est une bonne nouvelle, que l'on fait évoluer l'Eglise vers une acceptation plus grande de la modernité, dans ce qu'elle a de pluraliste.

Les catholiques d'identité s'en inquiètent, craignent un bouleversement total de la doctrine, et une pénétration du relativisme dans l'Eglise."

Q: Quel est le rapport de force entre ces groupes ?

R: "A la fin des années 80, l'aile militante du catholicisme trouve son pôle de force du côté des catholiques d'identité. On les a beaucoup vus au moment des débats autour du mariage homosexuel. Ils tenaient le haut du pavé dans les paroisses et ont beaucoup mobilisé, souvent soutenus par des évêques nommés par Jean-Paul II ou Benoît XVI. Pendant cette période, le catholicisme d'ouverture, se sentant marginalisé, a pris ses distances par rapport à l'Eglise.

Mais une institution n'est pas constituée uniquement de militants: plus on s'éloigne du coeur de l'institution, plus on est favorable à une Eglise ouverte. Les pratiquants du dimanche apprécient les évolutions du pape François.

Quant aux évêques, il y a toujours eu des différences entre eux. Les plus fervents défenseurs de la doctrine, comme les évêques de Toulon, Blois, Bayonne, Lyon ou Paris, se sont beaucoup fait entendre sous Jean-Paul II et Benoît XVI parce qu'ils trouvaient un soutien du côté de la papauté.

L'arrivée du pape François a permis aux autres de s'exprimer et de dire +attention à ne pas nous couper de la société et à ne pas vous enfermer dans un juridisme sans charité+".

Q: Quels étaient les Français présents au synode et quels courants ont-ils représentés?

R: "Sur les 253 participants, il y avait huit Français, dont trois laïcs membres d'associations de spiritualité conjugale et deux évêques actuellement en poste (Mgr Pontier et Mgr Vingt-Trois). On ne sait pas ce que ces derniers ont voté, mais ils représentent des sensibilités différentes.

Le cardinal archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, a tenu des discours assez vindicatifs contre le mariage homosexuel.

L'archevêque de Marseille, Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France (CEF) a, lui, pris ses distances par rapport au caractère politique de la Manif pour tous. Il représente une ligne d'ouverture".

(Propos recueillis par Charlotte Plantive)

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