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Une chance de seconde vie pour des survivants du tsunami en Indonésie

Banda Aceh (Indonésie) (AFP) Jeudi 18 Décembre 2014

Rusli Abdul Rahman (d) et sa femme Fardhiah, le 28 novembre 2014 à Banda Aceh en Indonésie (AFP-Bay Ismoyo)

Rusli Abdul Rahman et Fardhiah étaient voisins depuis des années quand ils ont subitement perdu chacun leur conjoint et leurs huit enfants emportés par le tsunami qui a dévasté la province indonésienne d'Aceh il y a dix ans.

Mais une chance de seconde vie s'est offerte à eux quand ils se sont remariés ensemble, avant d'avoir un fils, devenant ainsi l'une des nombreuses familles reformées après la catastrophe naturelle du 26 décembre 2004, qui a fait 220.000 morts dans plusieurs pays de l'océan indien en Asie du Sud-Est.

Fardhiah, âgée de 50 ans et n'ayant qu'un seul patronyme comme nombre d'Indonésiens, vit maintenant dans une maison, entourée de photos de membres de sa famille victimes du tsunami. Elle a fait son deuil pendant des mois avant de se dire: "Il faut que je commence une nouvelle vie. Peut-être que Dieu m'a sauvée pour que je sois utile à d'autres gens".

Les vagues géantes du tsunami ont brisé le fort tissu social qui liait auparavant la population à Aceh, incitant les survivants à s'unir comme ils pouvaient pour surmonter l'immense épreuve, par exemple via des mariages, ce qui paraissait inimaginable auparavant.

Près de 170.000 personnes ont péri en Indonésie, en grande majorité à Aceh, à la pointe nord de l'île de Sumatra, emportées par des vagues atteignant jusqu'à 35 mètres de haut.

La formation de nouvelles familles a été pour de nombreux survivants une manière efficace de "soigner leur traumatisme, de ne pas sombrer dans la solitude et de surmonter le chagrin causé par la perte de leurs proches", explique Muhammad Zubedy, qui a travaillé à Aceh pour l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance.

Rusli Abdul Rahman (g) et sa femme Fardhiah montrent des photos des membres de leur famille victimes du tsunami, photo prise le 28 novembre 2014 à Banda Aceh en Indonésie (AFP-Bay Ismoyo)

D'autres, tel l'ouvrier Syukri, sont venus au secours d'orphelins du tsunami. En parcourant désespérément les zones dévastées par la catastrophe, dans l'espoir de retrouver son frère qu'il n'a jamais revu, Syukri a découvert un bébé malade de moins d'un an.

"Je l'ai vu dans des buissons avec le ventre et la tête enflés, ainsi que des plaies sur le corps", raconte à l'AFP cet homme de 45 ans. Il l'a emmené chez lui et, une décennie plus tard, le garçon fait partie de la famille de Syukri, entouré de sa femme et de leurs autres enfants.

- 'Nous avons parcouru du chemin' -

Si la plupart des rescapés se sont habitués à leurs nouvelles familles, les traumatismes du passé ressurgissent parfois, comme ce fut le cas pour Syukri, qui a révélé à son fils qu'il était un enfant adopté, lors de la récente visite de l'AFP chez lui: "J'ai gardé ça secret car j'avais peur qu'il soit déçu, mais il est temps maintenant de lui dire la vérité", a dit le père adoptif, faisant fondre en larmes son fils.

La formation de nouveaux foyers a parfois créé des difficultés, des survivants se retrouvant séparés des membres de leur famille qu'ils croyaient morts.

Rusli Abdul Rahman montre une photo de sa maison qui a été détruite par le tsunami en 2004, photo prise le le 28 novembre 2014 à Banda Aceh en Indonésie (AFP-Bay Ismoyo)

Ainsi, Raudhatul Jannah a été emportée par le tsunami à l'âge de quatre ans, et sa famille la croyait morte. Mais en août dernier, elle a été aperçue dans un village par son oncle, puis réunie avec ses parents, heureux de la retrouver. Cependant, la dame âgée qui l'a élevée pendant dix ans s'est retrouvée soudain privée de l'enfant.

Dans l'ensemble, l'accueil ou l'adoption de survivants du tsunami par de nouvelles familles a été bien accueillie après la catastrophe qui a contraint des dizaines de milliers de personnes à vivre pendant des mois dans des campements surchargés, dépendant d'agences redistribuant l'aide internationale.

"A cette époque, nous vivions au jour le jour et ne pensions pas avoir un avenir", se souvient Anisah, une femme dont la famille a survécu au tsunami et accueilli trois enfants, dont un orphelin, à nourrir avec les 20 dollars par semaine gagnés par son mari pêcheur.

Les survivants ont en grande majorité apprécié la chance qui s'est offerte à eux d'entamer une nouvelle vie, à l'image de Wahidah, une femme de 30 ans qui s'est remariée après avoir perdu son mari dans la catastrophe.

"Nous avons parcouru du chemin", dit-elle. "J'espère simplement qu'il n'y aura pas d'autre tsunami pour ruiner notre seconde chance de vivre avec notre nouvelle famille".

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