Fin mai - début juin 2001, la presse locale annonce la signature d'unE "PROMESSE DE VENTE" le 31 janvier 2001...

LA VOIX DU VENDREDI 1er JUIN 2001 (rubrique "Région")
Epilogue
Avec l'enquête publique favorable à un équipement public culturel et une promesse de vente
Centre d'architecture et lotissement pour la Villa Cavrois
ECHOUÉE depuis 1934 dans son port croisien du quartier Beaumont, havre de paix des happy few de la métropole lilloise, la villa Cavrois, ce grand "paquebot moderniste" de l'architecte Robert Mallet-Stevens, mis au bord du naufrage sous les exactions des pirates actuels du vandalisme, ne coulera pas pitoyablement.
Qualifiée aussi de "péril jaune" pour la couleur jugée inélégante de ses briques ou de "demeure 1934" raffinée en avance sur son temps, certains y retrouvant avec plaisir le coup de crayon inspiré du créateur de la Villa Noailles à Hyères, la Villa Cavrois (du nom de son premier propriétaire Paul Cavrois, l'industriel textile roubaisien) sera en effet restaurée dans la perspective de Lille 2004.
Maintenue artificiellement envie depuis 1990 par l'opiniâtre association de sauvegarde de la Villa Cavrois, puis via le classement de monument historique accordé à cette date, la belle croisienne des années 30, délaissée depuis 1986 par son propriétaire actuel, Jean-Pierre Willot (qui voulait en faire une opération immobilière de standing), va sortir de son long sommeil léthargique.
Compromis attendu
Après la reculade de la CUDL, l'année 2000 redonne espoir à l'association de sauvegarde, présidée par Richard Klein qui, dès mars 2000, à la demande de la DRAC, planche avec d'autres sur l'utilisation de la Villa en centre d'architecture. Un projet pour la Villa Cavrois, transmis en août au ministère de la Culture, aboutit enfin le 7 septembre 2000 lors de la présentation des Journées du patrimoine à l'annonce du rachat par l'Etat de la villa, afin d'en faire un centre de connaissance et de valorisation de l'architecture. Une annonce concrétisée enfin par la signature le 31janvier 2001 d'une promesse de vente.
Un heureux compromis qui est la suite logique du transfert du droit de préemption de la CUDL à l'Etat (le 13 octobre 2000) puis de l'enquête publique effectuée du 5 décembre 2000 au 5 janvier 2001 dans le cadre d'une modification du POS, afin de permettre la création d'un équipement public culturel sur le site. Les conclusions du commissaire-enquêteur favorables au projet proposaient l'élargissement du périmètre de l'emplacement réservé, ajoutant le verger, afin de recréer dans son originalité la villa dont la superficie se situait à 4 ha. Cet élargissement n'a pas été souhaité par l'Etat, qui a pris en compte l'unique observation défavorable, émanant de Jean-Pierre et Gilles Willot n'acceptant pas l'emprise de 3,2 hectares retenue au projet et réclamant donc une modification du périmètre.
La SARL Kennedy-Roussel a rappelé, en effet, ses objectifs lorsqu'elle a acquis l'ensemble de la propriété Cavrois, citant "les difficultés rencontrées avec les diverses instances publiques" et estimant que "si le périmètre, tel qu'il est défini par l'enquête publique, était retenu, les terrains destinés à être lotis deviendraient inconstructibles et en opposition des accords pris".
Les autres observations favorables à la restauration de la Villa ont insisté sur la nécessité de rassembler et de reconstituer le patrimoine mobilier, de ne pas autoriser le stationnement des véhicules-visiteurs dans les rues privées Roussel et Brame, ni à l'intérieur du parc, de protéger ses arbres centenaires, mais aussi d'ouvrir le centre culturel à tous les publics (y compris les scolaires de manière à éveiller leur sens artistique), ainsi qu'à tous les arts (manifestations musicales, théâtrales, défilés de mode comme ce fut le cas naguère à la villa Noailles).
Promesse de vente et permis de lotir
Quoique très prudent, ne souhaitant pas "faire chavirer le navire en vue du port", Richard Martineau, directeur de la DRAC, a confirmé la promesse de vente conclue le 31 janvier entre l'Etat et le propriétaire, "qui devrait trouver, si tout se passe bien, une concrétisation rapide au début de l'été. Une avancée très importante faisant suite à une négociation longue et difficile qui a permis de retenir pour le projet un terrain d'assiette recouvrant uniquement les parties classées, protégées, donnant une vue satisfaisante sur la villa et permettant le lotissement sur les 9 749 m2 de verger de cinq maisons de grand standing de type R+2. Un projet complémentaire au lotissement du Croquet, donc en cohérence avec le quartier. L'Etat, par le biais de l'architecte des Bâtiments de France, sera attentif à ce qui se fera, veillant à l'alignement des maisons, l'harmonisation des constructions, la couleur des façades."
Quant au projet de restauration de la Villa, estimé à 50 MF (7 622 451 E), qui recherchera l'harmonie entre la nature de la Villa et son activité, il s'attachera en premier lieu au clos et couvert, à la restitution des volumes intérieurs très ouverts, conçus à l'origine par Mallet-Stevens, ainsi qu'à la restauration du hall d'entrée et de la pièce-fumoir, de manière à pouvoir y organiser des manifestations, dont l'exposition d'un architecte russe, à l'occasion de Lille 2004 impliquant "crédits dégagés et accélération des travaux".
Brigitte LEMERY

Qualifiée aussi de "Château de la Loire du Nord" par la DRAC, la Villa Cavrois à Croix,
rachetée par l'Etat, va s'offrir une seconde vie en centre d'architecture.
Photo Philippe PAUCHET

LA VOIX DU JEUDI 31 MAI 2001 (édition de Roubaix - rubrique "Vallée de la Marque")
LA VOIX DU VENDREDI 1er JUIN 2001 (édition de Lille - rubrique "Autour de Lille")
Villa Cavrois : compromis de vente signé
Après les années de tractations et de tergiversations,
le propriétaire de la villa croisienne
a signé le compromis de vente avec l'Etat.
Première étape d'une transformation annoncée
en centre d'architecture.
Elle a attendu longtemps, elle a tout fait pour que cela arrive vite... alors, autant vous dire que l'Association de sauvegarde de la Villa Cavrois, présidée par Richard Klein, qui se bat depuis 1990 afin que la villa Cavrois retrouve splendeur et dignité, se réjouit de ce compromis de vente signé entre les deux parties, l'Etat et la SARL Kennedy-Roussel, le 31 janvier dernier. Un compromis qui fait suite à l'enquête publique favorable ouverte du 5 décembre 2000 au 5 janvier 2001. Ainsi à l'issue de quatorze longues années de "langue de bois" des politiques, des tergiversations, des tractations avec le propriétaire actuel, l'association retrouve le sourire. La vente, "si tout se passe bien" annonce Richard Martineau, le directeur de la DRAC (Direction régionale des Affaires culturelles) devrait être effective au début de l'été et les travaux de restauration estimés à 50 MF (17 622 451 E) pourraient démarrer très vite, afin que la villa, métamorphosée en centre de vaIorisation et de connaissance de l'architecture, soit opérationnelle à l'occasion de Lille 2004, et notamment pour l'exposition de l'œuvre d'un architecte russe.
Si l'Etat, les amateurs d'architecture et les affidés de Mallet-Stevens vont enfin trouver satisfaction, la DRAC ayant souhaité "que tout le monde sorte la tête haute et ne se sente pas spolié", la SARL Kennedy-Roussel n'est pas oubliée puisqu'elle vient de déposer le 3 mai dernier en mairie de Croix un permis de lotir cinq maisons de haut-standing sur les 9749 m2 de l'ancien verger de la villa. Un lotissement complémentaire à celui du Croquet, comprenant six terrains déjà viabilisés, qui sera construit en cohérence architecturale avec la villa et le quartier, sous la haute surveillance de l'architecte des Bâtiments de France.
Brigitte LEMERY

Regardez bien l'état actuel de désolation de la Villa Cavrois, vous allez bientôt la retrouver toute belle!

Le lotissement du Croquet déjà viabilisé jouxtera celui de la Villa Cavrois. (à gauche)
L'ancien propriétaire vient de déposer un permis de lotir dans l'ancien verger,
situé latéralement par rapport à la villa Cavrois. (à droite)
Photos Philippe PAUCHET
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