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Libération conditionnelle de Romand: de "nouvelles pièces" retardent la décision

Tours (AFP) Vendredi 11 Janvier 2019

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Jean-Claude Romand (c) arrive au tribunal de Bourg-en-Bresse, le 25 juin 1996 (AFP/Archives-PHILIPPE DESMAZES)

Jean-Claude Romand va devoir encore attendre: de "nouvelles pièces" communiquées par les services pénitentiaires ont conduit vendredi la justice à demander une nouvelle audience avant de se prononcer sur une éventuelle libération conditionnelle de celui qui a été condamné à la perpétuité pour l'assassinat de sa famille en 1993.

Le tribunal de l'application des peines de Châteauroux a ordonné "la réouverture des débats", car "de nouvelles pièces, de nature à influer sur la décision du tribunal, ont été communiquées à ce dernier par les services de l'administration pénitentiaire", a indiqué le procureur de la République de Châteauroux Stéphanie Aouine.

Une nouvelle audience a été fixée au 31 janvier.

Pour l'avocat de Jean-Claude Romand, Me Jean-Louis Abad, "c'est une raison d'ordre technique qui a conduit le tribunal à ordonner un renvoi". Il s'est refusé à tout autre commentaire auprès de l'AFP.

Lors de sa demande de libération conditionnelle, présentée le 20 novembre, le ministère public avait demandé le rejet de cette requête. Me Laure Moureu, qui représente les deux frères de Florence Romand, l'épouse assassinée, avait estimé "prématurée" l'hypothèse d'une libération.

Me Abad s'était lui montré "confiant", insistant sur le "projet très bien ficelé et très sérieux" de Jean-Claude Romand.

Pendant plus de quinze ans, le faux "docteur Romand", aujourd’hui âgé de 64 ans et incarcéré à la prison de Saint-Maur (Indre), a menti à son entourage avant d'assassiner cinq personnes de sa famille. Condamné à la perpétuité en 1996, il est libérable depuis 2015, après avoir purgé une période de sûreté de 22 ans.

La libération conditionnelle est une mesure d'aménagement de peine visant à la réinsertion et à la prévention de la récidive.

- Une histoire hors normes -

Le parcours du "docteur Romand" est celui d'une histoire hors normes qui a fasciné le public et inspiré littérature et cinéma ("L'adversaire" d'Emmanuel Carrère a été adapté au cinéma en 2002 par Nicole Garcia).

Me Jean-Louis Abad, avocat de Jean-Claude Romand, sort de la prison de Saint-Maur où est incarcéré son client, le 20 novembre 2018 (AFP/Archives-GUILLAUME SOUVANT)

Fils unique studieux, Romand rate de peu son passage en troisième année de médecine, dont il dissimule l'échec. Pendant des années, il ment à son entourage. Marié et père de deux enfants, il se dit médecin, chercheur au siège de l'OMS à Genève, mais dans les faits, passe ses journées dans sa voiture, dans une cafétéria ou une bibliothèque et fait vivre sa famille en escroquant parents et amis, prétendant placer leurs économies en Suisse.

Acculé par plusieurs débiteurs dont certains découvrent son imposture, le faux médecin de 38 ans craque.

Au matin du 9 janvier 1993, il tue avec un rouleau à pâtisserie sa femme qui dormait dans leur maison de Prévessin-Moëns (Ain). Puis, selon son propre récit, il demande à sa fille Caroline, sept ans, de s'allonger pour qu'il prenne sa température et lui tire dans le dos avec une carabine. De même avec son fils Antoine, cinq ans.

Il va ensuite chez ses parents à Clairvaux-les-Lacs (Jura) et les tue de plusieurs balles dans le dos.

Il repart pour Paris retrouver son ancienne maîtresse et la conduit en forêt de Fontainebleau pour un prétendu dîner avec Bernard Kouchner. Vers 23H00, il arrête la voiture, asperge la jeune femme avec une bombe lacrymogène, mais renonce à son projet d'assassinat devant ses hurlements et supplications.

Il revient le lendemain à son domicile où gisent sa femme et ses enfants. Le 11 janvier, il ingère des barbituriques et incendie la maison. Quand les pompiers arrivent, ils le trouvent inconscient mais vivant. Il a été jugé en 1996.

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