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Toulouse: 20 blessés dont un "grave" dans l'incendie d'un immeuble

Toulouse (AFP) Jeudi 10 Janvier 2019

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Des pompiers interviennent sur un incendie dans un immeuble de Toulouse, le 10 janvier 2019 (AFP-ERIC CABANIS)

Un incendie a fait 20 blessés dont un grave, dans la nuit de mercredi à jeudi, dans un immeuble ancien du centre de Toulouse, un bâtiment "pas concerné par une procédure d'insalubrité ou de péril" selon la préfecture, même si des habitants décrivent un édifice mal entretenu.

Le feu d'origine encore inconnue, qui a pris à 2H40, s'est propagé avec une grande violence dans cet immeuble de quatre étages, abritant des familles modestes dans le quartier de la gare Matabiau, dans le centre.

Deux habitants, dont le blessé qualifié de "grave" par la préfecture, ont sauté par la fenêtre pour échapper aux flammes. Les autres ont été évacués par la grande échelle ou ont fui par leurs propres moyens.

"Mon fils qui ne dormait pas m'a réveillée, il y avait de la fumée, nous avons couru dans les escaliers", a raconté à l'AFP une des habitantes, Nikki, mère d'un adolescent de 17 ans et de deux filles de six et quatre ans.

À 81 ans et non-voyante, Marie a été secourue par son colocataire quinquagénaire Eric, qui l'a aidée à descendre ses deux étages.

Deux sapeurs-pompiers, dont l'un passé à travers un plancher consumé, ont été blessés durant l'intervention, qui a mobilisé au total plus de 200 membres des secours et des forces de l'ordre.

- Enquête judiciaire -

Le feu se "serait déclaré dans les combles" selon la préfecture. Il s'est propagé "très vite dans la cage d'escalier, avec une grande violence", ce qui pourrait s'expliquer par le fait qu'"une partie de l'escalier et des planchers étaient en bois", ont indiqué les pompiers.

Dans l'après-midi, ils ont affirmé que le feu était "maîtrisé". "Des moyens sont encore sur place pour effectuer des opérations de déblai, de sécurisation et de reconnaissance du site".

Les causes de l'incendie n'ont pas été déterminées car "la priorité est encore à la sécurisation des lieux", a indiqué le parquet de Toulouse à l'AFP, précisant qu'une enquête judiciaire avait été ouverte.

Les blessés ont été répartis dans des hôpitaux de la ville, tandis que les habitants et résidents de l'hôtel Bristol mitoyen, 72 personnes au total, ont été pris en charge dans un gymnase municipal proche.

L'immeuble, à la façade haussmannienne et déployé autour d'une cour intérieure, "n'était pas concerné par une procédure d'insalubrité ou de péril", a indiqué la préfecture.

Le maire LR de Toulouse Jean-Luc Moudenc a pour sa part confirmé, lors d'une conférence de presse, que le bâtiment n'avait "pas été signalé ni répertorié comme insalubre à la collectivité".

Plusieurs habitants interrogés par l'AFP ont toutefois décrit un édifice mal entretenu et mal fréquenté.

- Immeuble "cauchemar" -

Toulouse (AFP-Laurence SAUBADU)

Pour Nikki, d'origine britannique, "l'immeuble était insalubre", "il y avait des punaises, des cafards, la peinture se décollait, des fuites d'eaux usées dans mon appartement". "Il y avait beaucoup de va et vient, des gens faisaient pipi dans l'escalier", ajoute cette mère de famille, affirmant payer 630 euros pour 45m2.

Cet immeuble "était un cauchemar", renchérit Jérémy, un trentenaire en recherche d'emploi, habitant les lieux depuis six mois. "Prostitution, deals, des squats, des gens qui dormaient dans les couloirs, on se serait cru dans le Bronx", dit-il.

"Ce n'était pas luxueux mais pas insalubre" tempère toutefois l'octogénaire Marie, relevant notamment qu'il y avait "des extincteurs à tous les étages".

Le relogement des habitants évacués est à la charge des propriétaires, souligne à l'AFP la mairie de Toulouse, assurant toutefois que ses services vont accompagner les sinistrés dans ce processus.

"Notre priorité était de parer aux besoins des plus fragiles. Trois personnes âgées vont être relogées dans un EHPAD, et les familles avec des enfants en bas âge à l'hôtel", selon la mairie. Pour les autres, la mairie tentait toujours de trouver une solution dans l'après-midi.

Cet incendie intervient près de deux mois après l'effondrement le 5 novembre de deux immeubles vétustes dans le centre de Marseille faisant huit morts.

Redoutant de nouveaux accidents et très critiquée, la mairie de Marseille a depuis procédé à l'évacuation par précaution de 142 immeubles vétustes ou menacés d'écroulement à travers la ville, et de plus de 1.100 personnes.

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