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Mentalista, la start-up qui veut commander les objets par la pensée

Paris (AFP) Vendredi 07 Décembre 2018

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Des visiteurs jouent à Mentalista Foot, à la Paris Games Week, le 26 octobre 2018 (AFP-Lionel BONAVENTURE)

"Ferme les yeux, respire bien, visualise la balle dans le camp adverse..." Jeudi soir à Paris, la start-up Mentalista montrait devant un public de quelques dizaines d'amateurs de jeu vidéo une nouvelle manière de jouer, par la seule force de sa pensée.

Mis au point par Bastien Didier, designer épris de numérique, le jeu de Mentalista est très simple: deux joueurs équipés de trois électrodes sur la tête tentent d'envoyer une balle mue par un petit moteur électrique dans la cage de but de l'autre.

Les électrodes posées sur les oreilles et derrière le cortex visuel captent les signaux électriques émis par cette zone du cerveau, qui font avancer la balle dans un sens ou dans un autre, après avoir été décodés par un ordinateur.

L'algorithme élaboré par Bastien Didier compare les ondes émises par le joueur à des ondes types émises par des personnes visualisant une balle se déplaçant vers la gauche ou vers la droite.

Si les ondes émises correspondent à ces ondes types, la balle avance vers la gauche ou vers la droite.

Au fur et à mesure du temps, grâce à l'expérience accumulée, l'algorithme arrive de mieux en mieux à identifier les spécificités du signal émis quand un joueur visualise intérieurement le déplacement de la balle.

L'expérience pourra être étendue à d'autres types d'action et d'autres images mentales, pour pouvoir composer une sorte d'alphabet d'images pouvant être utilisés pour contrôler les objets par la pensée, rêvent ses promoteurs.

Mais pour l'instant, l'algorithme de Bastien Didier est utilisé pour faire de la communication événementielle.

Le jeu de balle de Mentalista a été mis au point pour un événement organisé par la Mairie de Paris en marge de la coupe d'Europe de football en 2016.

Bastien Didier a aussi fait fait "léviter" des assiettes de saucisson; l'assiette lévitait grâce à un procédé magnétique si le joueur arrivait à produire la bonne image mentale.

Il a aussi permis à des femmes venues au Women's Forum de Deauville de visualiser leur "force intérieure", en faisant léviter une boule plus ou moins haut selon l'état de concentration qu'elles avaient atteint.

Mentalista, pour l'instant soutenue par l'agence de communication "We Are Social", cherche à faire une première levée de fonds d'un million d'euros pour aller plus loin.

-"Ecrire un nouveau langage"-

Le projet est de diffuser largement l'algorithme, en mettant au point, à un prix abordable, un casque à électrode et la carte électronique qui transforme les signaux du casque en informations utilisables par l'ordinateur.

Une première option pourrait être de commercialiser le jeu de balle, qui été une attraction-phare du salon du jeu vidéo, Paris Game Week, en octobre à Paris, attirant près de 1.500 joueurs.

Ce jeu, et d'autres encore à mettre au point, permettront d'avancer dans le décodage des signaux du cortex visuel, jusqu'à proposer un véritable "alphabet d'images mentales" utilisable pour contrôler des objets, a expliqué à l'AFP Romaric Manovelli, l'un des associés de Bastien Didier et patron de Digital Immersion, une entreprise spécialisée dans la réalité virtuelle et les films en vidéo 360.

"Nous voulons écrire un nouveau langage qui permette de contrôler des objets par la pensée", a-t-il résumé.

Jeudi soir, la démonstration de Mentalista a en tout cas attiré François Géraud, "coach mental" pour Oserv, une équipe d'e-sport (compétition de jeux vidéos en ligne) qui était venu avec l'un de ses poulains, Nicolas Sturla alias "Nykho".

"Je pourrais mettre un casque à mes joueurs, et regarder comment ils jouent. Cela me donne un outil supplémentaire pour étudier leur mental" et leur capacité à atteindre "le flow", l'état de parfaite concentration mentale sur ce qu'on est en train de faire, a-t-il confié à l'AFP.

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