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La Maison Blanche examine d'autres financements du mur pour éviter un "shutdown"

Washington (AFP) Mercredi 19 Décembre 2018

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Un supporteur de Trump lors d'un rassemblement pour le président américain à Johnson City (Tennessee), le 1er octobre 2018 (AFP-MANDEL NGAN)

Donald Trump le martelait depuis plusieurs jours: pas d'accord budgétaire si le Congrès ne débloque pas 5 milliards de dollars pour construire un mur à la frontière avec le Mexique. Mais la Maison Blanche a semblé mardi moins inflexible.

"Nous avons d'autres moyens d'arriver aux 5 milliards", a déclaré sur Fox News Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif.

"In fine, nous ne voulons pas fermer les administrations fédérales, nous voulons fermer la frontière", a-t-elle ajouté, précisant que M. Trump avait demandé à tous ses ministres de "chercher des financements qui peuvent être utilisés pour protéger les frontières".

Cette ouverture a ravivé l'espoir d'aboutir à un compromis budgétaire entre élus républicains et démocrates du Congrès avant les fêtes de fin d'année même si le suspense devrait, comme à chaque fois, durer jusqu'à la dernière minute.

En l'absence d'accord sur une loi de financement d'ici vendredi à minuit, une partie des administrations fédérales sera paralysée.

Interrogé peu après sur l'issue des tractations en cours, le président américain est resté aussi évasif que possible: "Nous verrons, il est trop tôt pour le dire".

L'élue démocrate Nancy Pelosi, qui prendra selon toute vraisemblance en janvier la tête de la Chambre des représentants, a rapidement fait savoir que la proposition esquissée par la Maison Blanche n'était pas acceptable en l'état.

"Nous ne pouvons accepter la proposition de mise en place d'un fonds de plusieurs milliards de dollars pour que le président puisse mettre en oeuvre ses très mauvaises politiques migratoires", a-t-elle déclaré aux journalistes.

Le parti démocrate est pour l'heure prêt à débloquer une enveloppe de seulement 1,6 milliard de dollars pour la sécurité aux frontières, sans en allouer une partie pour financer le mur.

- "Fier d'aller au shutdown" -

Si les effets d'un "shutdown" sont difficiles à prévoir, les ministères de la Sécurité intérieure, de la Justice, de l'Intérieur, ou encore le département d'Etat seraient perturbés, avec des dizaines de milliers de fonctionnaires de facto placés en congé sans solde.

Les républicains dominent pour l'instant le Congrès mais toute loi budgétaire doit être adoptée par 60 voix sur 100 au Sénat, où ils ne disposent à ce stade que de 51 sièges.

Et, à partir du 3 janvier, les démocrates reprendront le contrôle de la Chambre des représentants. Un contexte qui ne les incite pas à céder aux demandes du président républicain.

"Je serais fier d'aller au +shutdown+ au nom de la sécurité aux frontières", avait lancé il y a une semaine M. Trump dans le Bureau ovale lors d'un échange particulièrement houleux avec les leaders démocrates du Congrès, Chuck Schumer et Nancy Pelosi.

"Il n'y a pas de sécurité aux frontières sans le mur!", avait-il martelé, en référence à sa promesse de campagne extrêmement controversée.

Caractéristiques des prototypes du mur pour la frontière avec le Mexique, au 13 mars 2018 (AFP/Archives-Nicolas RAMALLO)

Mardi soir, il a encore tweeté sur le sujet, promettant un mur "beau" et même artistique.

"Les démocrates disent haut et fort qu'ils ne veulent pas construire de mur en béton --mais nous ne construisons pas de mur en béton, nous construisons des barres d'acier conçues de manière artistique, afin que vous puissiez voir au travers", a-t-il écrit.

"Ce sera beau et, en même temps, ça donnera à notre pays la sécurité que nos citoyens méritent. Ce sera rapidement mis sur pied et nous fera économiser des MILLIARDS de dollars par mois une fois terminé!", a-t-il ajouté.

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