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JO-2024: le breakdance prend la pose olympique, coup de jeune sur les Jeux

Paris (AFP) Jeudi 21 Février 2019

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Performance de breakdance à Brooklyn, le 20 août 2018 (Getty/AFP/Archives-Dominik Bindl)

Le breakdance, sport olympique ! C'est le coup d'éclat tenté jeudi par Paris-2024, qui a décidé d'inviter à son programme cette danse acrobatique, avec le surf, l'escalade et le skateboard, pour donner un coup de jeune à l'institution olympique.

Le choix de ces disciplines répond au souhait des organisateurs de "se connecter aux sports qui cartonnent partout dans le monde pour apporter aux Jeux une dimension plus urbaine, plus sport de nature, plus artistique", a souligné Tony Estanguet, le patron de Paris-2024.

La sélection, qui s'ajouterait aux 28 sports déjà au programme, doit encore être validée par le Comité international olympique (CIO), en décembre 2020.

Le breakdance, une danse acrobatique issue de la culture hip-hop, ferait sa première apparition aux Jeux olympiques en 2024 alors que les trois autres sports sont déjà invités à Tokyo-2020.

Vidéos projetées sur un écran géant, démonstration de sons et lumières, l'annonce officielle, qui a eu lieu à La Défense Arena, se voulait spectaculaire, même si les noms des sports avaient déjà fuité.

"C'est le pas en avant le plus important du breakdance depuis que cette discipline existe", s'est enthousiasmé Mounir Biba, capitaine des Vagabond Crew, invité jeudi par Paris-2024.

- Attirer les sponsors -

Le breakdance est apparu aux Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Buenos Aires en 2018, sous forme de duels ("battles") départagés par des juges. Les candidats pouvaient se qualifier en envoyant une vidéo en ligne. Cette discipline est rattachée à la Fédération mondiale de la danse sportive (WDSF).

En tout, ces nouveaux sports devraient représenter 248 sportifs (sur un total d'environ 10.500) en respectant la parité hommes/femmes. Ils reflètent la volonté du CIO et du Cojo de rester au contact d'un public jeune, quitte à décevoir des disciplines qui toquent à la porte des Jeux depuis longtemps, comme le squash ou la pétanque. Autre déçu, le karaté, qui fera son apparition aux JO de Tokyo-2020, mais ne poursuivra pas l'aventure olympique.

L'Américaine Courtney Conlogue lors de l'étape d'Hossegor du circuit mondial de surf, le 12 octobre 2018 (AFP/Archives-IROZ GAIZKA)

Tony Estanguet a insisté sur la nécessité de "parler aux nouvelles générations", "si on veut que les jeunes se mettent au sport", en évoquant des "sports particulièrement vivants sur les réseaux sociaux". Pour le CIO, il s'agit aussi de valoriser les droits télévisés et d'attirer les sponsors, dont les noms défilaient jeudi sur un bandeau digital pendant toute la cérémonie, à La Défense Arena.

- "Tournés vers les gens" -

Les sites des trois disciplines urbaines (breakdance, skateboard et escalade) n'ont pas été arrêtés, mais d'après des sources proches du dossier, l'hypothèse de les réunir sur un même lieu, dans Paris, est bien avancée. "Nous sommes prêts et disponibles pour accueillir ces compétitions", a tweeté le président de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, dont le département accueillera déjà notamment l'athlétisme au Stade de France et les épreuves de natation.

Pour le surf, qui fera sa première apparition à Tokyo en 2020, deux candidats se sont faits connaître: Biarritz (sud-ouest), alliée à trois communes proches (Capbreton-Hossegor-Seignosse), a déjà déposé un dossier pour accueillir la discipline, tout comme Lacanau (sud-ouest).

Le budget total prévu des Jeux olympiques s'élève aujourd'hui à 6,8 milliards d'euros: 3,8 milliards, issus du privé (CIO, sponsors, billetterie), sont consacrés à l'organisation des compétitions - un chiffre qui peut évoluer en fonction des recettes - et 3 milliards, dont 1,5 milliard fourni par les pouvoirs publics (Etat, collectivités), sont consacrés aux chantiers pour les équipements pérennes, comme les villages olympique et des médias, ou le centre aquatique olympique, tous en Seine-Saint-Denis.

En plus des nouveaux sports, les organisateurs des JO-2024 ont mis en avant jeudi "une approche des Jeux tournée vers les gens, pour les gens".

En clair, Paris-2024 va proposer au grand public, aux spectateurs, de s'investir pleinement dans l'évènement, notamment à travers l'organisation d'un marathon ouvert à tous, dont les modalités restent à définir. Tony Estanguet a évoqué une course "sur le même parcours que les athlètes, le même jour", mais "pas en même temps". Autre piste, des épreuves connectées où l'on pourrait participer virtuellement, par exemple en cyclisme ou en voile.

"Avec Paris-2024, les spectateurs des Jeux deviennent enfin acteurs des Jeux", a résumé le triple champion olympique de canoë.

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